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jeudi 19 novembre 2020

Là enfin là , Neko le chat du Haïku

 

Longtemps confiné chez l'éditeur Géorama, en raison de la Covid , mon chat a enfin retrouvé la maison depuis le 15 novembre et devrait se trouver en librairie dès qu'on se rendra compte que LIRE fait partie des nourritures essentielles .








 

mardi 27 octobre 2020

Haïku...La troisième vie de mon chat



 D'aucuns disent que le chat a 9 vies . Le mien va bientôt vivre sa troisième édition , revue et augmentée, chez Géorama , éditeur breton de Porspoder (29)mais diffusé sur toute la France. Didier Labouche m'a confié les illustrations de cette édition : gravures, dessins et montages . Parution annoncée pour le 15 novembre .


Préface .


« J'ai beaucoup étudié les philosophes et les chats.

La sagesse des chats est infiniment supérieure. »

Hippolyte Taine



Ce recueil de haïkus est une sorte d'inventaire à la Prévert des sensations que l'on peut éprouver quand on regarde un chat avec attention . J'ai choisi de dérouler devant vous ce makimono* de poèmes brefs accompagnés par mes gravures et illustrations .


J'ai donc essayé de donner ma langue au chat, de lui prêter mes mots et les trois lignes du haïku pour le laisser parler à sa manière, dans son propre langage, fait de signes, fulgurances, miaulements ou silences . C'est dans son microcosme et dans l'espace- minime-minimum du plus petit poème du monde que j'ai voulu saisir cet être insaisissable que les Japonais nomment « neko », ce qui signifie « animal dont les poils se hérissent comme les herbes dans la rizière ». Par sa soudaine mobilité qui succède à l'immobilité la plus totale, le chat est emblématique du haïku : tous les deux aiment les courts circuits entre le fueki, c'est à dire l'invariant, l'immuable et le ryuko, c'est à dire le mouvement, la surprise . L'artiste et le chat ont ceci en commun d'être occupés sans avoir rien à faire . Le chat occupe son temps à occuper le Temps.

Donner sa langue au chat, c'est aussi renoncer, abandonner et s'abandonner, ne pas chercher à expliquer l'inexplicable. Selon Jean Paulhan, le haïku est « un poème sans explication ». C'est donc plutôt le chat qui me donne sa langue, son langage et non l'inverse. Il m'envoie des signes que j'essaie de mettre en mots, tels quels, sans expliquer quoi que ce soit . « No concept, no affect, only percept » ! Voilà ma règle. Pardonnez ce jargon, mais il résumerait assez bien, à mon avis, ce que n'est pas et ce que doit être un haïku : pas de concept, ni théorie ni message à transmettre...pas d'exagération de sentiments, pas de pathos...  « pas de poésie patheuse », comme le recommandait Francis Ponge. Il faut appeler chat un chat. Mais uniquement des perceptions, des sensations .C'est au lecteur, et non à l'auteur de les transformer en sentiments.

Alors oui, au bout ce voyage, j'ai tenté de donner ma langue au chat, dans la double acception de cette expression . Je n'ai pas voulu courir le risque de dire , comme Matsume Soseki* :  « je suis un chat » .Le miroir taoïste ne retient rien, donne une image furtive mais essentielle de la vie. De même le haïku cherche à saisir l'instant sans pouvoir ni vouloir le capturer .Pfuitt...le chat est déjà parti ! Dans cette suite de poèmes, il y a beaucoup plus de questions que de réponses . La queue du chat ne prend-elle pas souvent la forme d'un point d'interrogation ?


Contentons-nous de rêver . En changeant « le papillon » en « chat » le célèbre apologue chinois deviendrait celui-ci : « Tchouang-Tseu rêve qu'il est un chat, mais n'est-ce point le chat qui rêve qu'il est Tchouang-Tseu ? »


Jacques Poullaouec

  •  

    *Makimono désigne en langue japonaise le rouleau manuscrit ou peint que l'on déroule et lit horizontalement.

*Soseki, écrivain japonais ( 1867-1916),auteur de haïkus et du roman « Je suis un chat ».

*Tchouang-Tseu, penseur taoïste chinois du IV ème siècle av.J.C.






mardi 14 avril 2020

RESTER ASSIS

Journal de Kafka  19 mars (de quelle année ? Je ne la retrouve pas )

"Il n'est pas nécessaire que tu sortes de chez toi. Reste assis à ta table de travail et écoute. N'écoute même pas, attends seulement. N'attends même pas, sois tout à fait silencieux et seul. Le monde va s'offrir à toi et jeter son masque, il ne peut pas faire autrement, il se tordra d'extase devant toi."








Ces mots qui ont une étrange résonance avec ce que nous vivons en cette période de confinement Covid 19.

De même cette pensée de Blaise Pascal:

"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre."

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te-X-ticules du graphomane que je suis :

Les arbres prennent l'air
eux aussi
mais sans changer de place

Jac P


L'arbre se lève vers le ciel
je me penche vers la terre
nous ne sommes pas du même bois

Jac P

Attendre
attendre que
sourde la lumière
qu'elle surgisse du silence
la nuit a l'encre pour elle
pas de paroles
pas d'écriture
juste des à-plats
jusqu'au simple trait
de la ligne d'horizon.
l'espace d'un
cheveu.

Jac P




                                  Jac Poullaouec


lundi 2 décembre 2019

Petits livres pour petits poèmes

Il m'arrive parfois encore de dessiner, graver et écrire ... "le minime minimum imminimisable" pour reprendre les mots de Samuel Beckett .
Ce qui donne parfois ces petits livres accordéons, livres pauvres, dit-on , qui contiennent mes petites musiques .



Le vent s'est levé
le rocher n'a pas bougé
la mer tremble



 Combien de rêves
prisonniers des nuages ?
la pluie fait des nœuds




Arbres dans le ciel
feuillages sans troncs
nuages sans racines



Sommeil sans rêves
miroirs sans reflets
homme sans ombres




Du point à la ligne
l'espace du vent

Prenez 2 lignes et 3 couleurs
mettez-les à la page
elles vont écrire le silence .


                                                        Jacques Poullaouec


SAV-HEOL / SOLEIL LEVANT / RISING SUN

Liam Fauchard , le maître d'œuvre de cet opuscule,  a eu l'idée de réunir le pays du soleil levant et le pays du soleil couchant, notre Bretagne .

Dans les pages de ce recueil de Haïkus et Tankas, il a invité des poètes japonais très célèbres comme Basho, Issa ,Buson , ...etc., et des poètes Bretons contemporains comme Guillevic Eugène et Guillevic Myriam, sa petite - nièce , Alain Kervern , Pierre Tanguy, Danièle Duteil,Chantal Couliou, Choupie Moysan , Lydia Padellec , Gérard Le Gouic, Malo Bouessel du Bourg , Patrick Dréan ,Kirill Giraudon , Régine Guillemot , Annaig Kervella , Gwenvred Latimier , Liam et votre serviteur Jacques Poullaouec .

Les textes sont en breton, anglais et français .
 Au bas de la deuxième photographie, vous trouverez l'adresse où commander cet ouvrage paru cet été 2019 .

jeudi 6 juin 2019

LE POIDS DU VENT






Point aveugle
jour de souffrance
mon œil mitoyen

mon ombre s'allonge
je tire sur mes racines
j'ai vieilli

ma vie
un chat qui s'étire
je vais bientôt dormir











une chaise
un mur au soleil
je me vois assis


de mes mains
bercer le soleil
jusqu'à la nuit


les étoiles continuent à briller
beaucoup de questions sans réponses
pouvoir ne pas savoir







                                 

                                                     je n'emporterai rien de plus
                                                            que l'image du ciel
                                                     la feuille ne pèse pas sur l'eau


                                                      Ce galet noir sur ma table
                                                            ma main l'a choisi
                                                      je dois lui réinventer la mer



                                                            l'eau sur ma main
                                                          prolonge mes veines
                                                    la pluie me montre du doigt




       


samedi 24 novembre 2018

Les poètes de 7 ans ,...8,9,10,11 ans



Préface

Juin 2018 . Les cahiers n'étaient pas encore au feu et les maîtresses , Sandrine et Isabelle , étaient encore au milieu...d'une cinquantaine d'enfants de l'école primaire de La Touline d'Arradon , accompagnées de 2 invités Olivier et Jacques . Et tout ce petit monde-là s'est mis en tête d'écrire pendant 3 jours les 3 vers du plus petit poème du monde : le haïku . Il n'y a rien de plus long que de vouloir faire court !

Juin 2018 . Le printemps était là . Le printemps est toujours dans la tête des enfants . Il y a des idées qui germent dans leurs têtes, il y a des fleurs et des plantes qui poussent dans la cour de récréation et son jardin-potager. Comment faire entrer ces deux mondes dans ce si petit poème ? Les enfants n'ont pas besoin de mode d'emploi . Il leur suffit de se promener tout simplement avec leurs 5 sens ...parfois sens dessus dessous .
Regarder le monde au plus près ; être attentif au détail, au je-ne-sais-quoi , au presque-rien , à un "papillon vert qui se perd en couleurs dans le ciel", à « une fourmi qui tranquillement traverse mon ombre ».
Écouter le monde , l'oreille aux aguets pour entendre tombe « une écorce qui parle dans le vent et dans l'eau » ou « un ballon rempli d'eau éclater de rire ».
Goûter le monde, devenir « la langue d'un chat qui rape la mousse au chocolat », comparer "le goût sucré de l'été au goût amer de l'hiver" .
Sentir le monde même si on a « le nez bouché par la vanille et l'herbe qui flottent dans le vent »,
Toucher le monde et « avoir froid comme l'herbe sous la neige ».

Il n'y a rien à comprendre, il y a tout à saisir, surtout si c'est fragile, fugitif, éphémère ! S'asseoir là sur l'herbe fraîche de la cour de re-création , être poreux au monde, à tout et au rien! Rire mais aussi parfois « pleurer sans larmes ». Les haïkus passent dans les têtes des enfants et se posent sur leurs cahiers .
« Je vois la lune
le haïku monte au ciel
j'écris . »

Quand on est petit, on a hâte de devenir grand.
Quand on est grand, on voudrait redevenir petit, comme Picasso qui avait mis toute une vie à peindre comme un enfant , lui qui avait commencé à dessiner des colombes comme un adulte ! Les enfants de la Touline n'ont pas du tout cherché à écrire comme les grands . Bien au contraire , pendant ces 3 jours passés à écrire 3 vers, ils ont tout simplement laissé sortir sur leur papier leur fraîcheur naturelle.
Ils en ont fait leur moisson et leur récolte est là, dans ce petit livre de grands poèmes . L'infiniment grand dans l'infiniment petit .

Jacques Poullaouec .







image: https://www.letelegramme.fr/images/2018/11/20/sandrine-morice-directrice-et-enseignante-de-l-ecole-la_4279004_508x330p.jpg?v=1
Sandrine Morice, directrice et enseignante de l’école La Touline, avec une partie de ses élèves, fiers de leur production.
Sandrine Morice, directrice et enseignante de l’école La Touline, avec une partie de ses élèves, fiers de leur production.

Pendant trois jours, au printemps dernier, Jacques Poullaouec a initié à l’art poétique japonais les élèves des classes élémentaires de l’école La Touline, à Arradon. L’ancien professeur de lettres leur a notamment appris l’histoire et les recettes du plus petit poème du monde : le haïku. Celui-ci, extrêmement concis, use parfois de l’humour pour suggérer un sentiment. Il évoque en général un paysage ou un état d’âme.
Les écoliers ont dû utiliser leurs cinq sens : observer la nature, puis retranscrire, tout en émotions, leur ressenti. Un travail d’écriture et d’illustration pour chacun d’eux.
Devant ces bijoux de poésie, plein de sensibilité et de tendresse, le comité des fêtes du Moustoir a souhaité concevoir et éditer un recueil de ces poèmes.
Samedi soir, le livre « Haïku de La Touline » a été offert aux 47 enfants auteurs et poètes en herbe. Un livre vendu au prix de 10 €, disponible à l’école La Touline ou encore par le biais du comité des fêtes.

© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/morbihan/arradon/la-touline-les-eleves-publient-leur-recueil-de-haikus-20-11-2018-12139242.php#L9r8GPhPKCtUzFQA.99