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mercredi 1 janvier 2014

OUVRIR / FERMER



Fermer Ouvrir
Une porte se ferme
une autre s'ouvre
Janvier le mois de Janus, le dieu à double face qui pouvait regarder devant derrière.

Beckett dans "Fin de partie": "La fin est dans le commencement et cependant on       continue."



...faisait écho à T.S. Eliot :" Or say that the end precedes the beginning,
                                                 And the end and the beginning were always there
                                                 Before the beginning and after the end.
                                                 And all is always now..."

                                                 "Ou disons que la fin précède le commencement,
                                                 Que la fin et le commencement ont toujours été là
                                                 Avant le commencement , après la fin.
                                                 Et tout est toujours maintenant..." 

                                                 "La Terre Vaine".

qui faisait écho à Saint Augustin qui parle des 3 modes du temps, des 3 formes de présence à la conscience :
                                                 Le présent des choses passées
                                                 Le présent des choses présentes
                                                 Le présent des choses futures.



                                                   Bonne Année à chacun

                                                             Bloavez Mad.

dimanche 29 décembre 2013

AIMER

"Aimez-vous quelqu'un autant ou mieux que vous ?

La seule question est là. Vous êtes heureux, même si vous n'êtes pas jugé de retour.L'âge adulte commence au-delà des déceptions et illusions, quand on est capable de dire amen, sans démissionner de la volonté de vie.
 Vous avez des problèmes avec vos enfants, dites-vous ? Si vous vous mettiez à exister, si vous faisiez le poids, si vous deveniez autre chose que le haut-parleur des peurs et des principes; si vous n'étiez plus l'homme absent; si la sérénité vous habitait; si vous étiez capable de vous laisser ré-engendrer par vos fils, c'est à dire expulser par eux de votre carapace de sérieux et de tristesse; si vous aviez la liberté intérieure, de l'humeur, de la fantaisie...

Êtes-vous sûr que ce n'est pas la mort en vous qu'ils repoussent sans le savoir ?

Allons, dit l'Ange, qui que vous soyez, il y a une joie pour vous.Et assez de gémir contre le temps présent, le mal. Laissez le bien pousser en vous et prendre toute la place. Le reste est vain. Allez, partez ! Rentrer en soi, partir en ce sens, c'est la même chose."

Jean SULIVAN / Bloc Notes

Texte trouvé en septembre dernier dans la minuscule chapelle de Sivergue, le plus petit village haut perché du Lubéron.
Lumière!




"Nous avons tous deux vies.
La deuxième commence le jour où on s'aperçoit qu'on n'en a qu'une."

Confucius.



lundi 14 octobre 2013

VIVRE




  G. Ligeti / Musica ricercata

"Je suis mort parce que je n’ai pas de désir,
 
Je n’ai pas de désir parce que je crois posséder,   
   
Je crois posséder parce que je n’essaye pas de donner ;
  
Essayant de donner, on voit qu’on n’a rien, 
 
Voyant qu’on n’a rien, on essaye de se donner, 
 
Essayant de se donner, on voit qu’on n’est rien, 
 
Voyant qu’on est rien, on désire devenir, 
 
Désirant devenir, on vit."


René Daumal.
Je suis mort parce que je n’ai pas de désir.
Je n’ai pas de désir parce que je crois posséder.
Je crois posséder parce que je n’essaie pas de donner.
Essayant de donner, on voit qu’on a rien.
Voyant qu’on a rien, on essaie de se donner.
Essayant de se donner, on voit qu’on est rien.
Voyant qu’on est rien, on désire devenir.
Désirant devenir, on vit.
René Daumal

En savoir plus sur http://www.paperblog.fr/1659351/le-desir-rene-daumal/#yt6dEMfs7yR1FxTm.99

mercredi 9 octobre 2013

"Tâchez d'être heureux"

"Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte, et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toutes personnes. Dites doucement et clairement votre vérité et écoutez les autres, même le simple Soyez prudents dans vos affaires ; car le monde est plein de fourberies. Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe ; plusieurs individus recherchent les grands idéaux, et partout la vie est remplie d’héroïsme. Soyez vous-même. Surtout n’affectez pas l’amitié. Non plus ne soyez cynique en amour, car il est en face de toute stérilité et de tout désenchantement aussi éternel que l’herbe.
Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d’esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude. Au-delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même.
Vous êtes un enfant de l’univers, pas moins que les arbres et les étoiles ; vous avez le droit d’être ici. Et qu’il vous soit clair ou non, l’univers se déroule sans doute comme il le devrait.
Soyez en paix avec dieu, quelle que soit votre conception de lui, et  quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie la paix dans votre âme de votre cœur. Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau.Prenez attention,  tâchez d’être heureux."

Anonyme, manuscrit trouvé dans une église de Baltimore en 1692. ou plus vraisemblablement texte écrit en 1927 par le poète anglais Max Ehrmann (1872-1945)

Ce texte trouvé sur la toile et qui fait le bonheur des blogueurs, le mien aujourd'hui, le vôtre aussi peut-être .






UNGARETTI : 
La mattina
Millumino
d'immenso
Matin
Je m'éblouis
d'infini
ou
Le matin
je m'illumine 
d'immensité
                                                   (traduction de Philippe Jaccottet)

"Tâchez d'être heureux"

dimanche 22 septembre 2013

TORU TAKEMITSU - La pluie ne lave rien

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visitez
              son site www.giannigiosue.com
              ses expos http://gianni-giosue.photoshelter.com/about/


l'espoir du vent
gonfle les nuages
mais la pluie ne lave rien

Fukushima mon amour
le vent caresse l'eau
le ventre de la mer est calme

le vent s'est levé
parti ailleurs plus loin
ne restent sur l'eau
que quelques planches
un haïku sur ma feuille

les rayons ne parlent pas
ils courent

quelques traces
une carte sur l'écran
le territoire du silence

l'odeur du thé
dans la maison
une tasse renversée

le soleil se lève
encore dans son pays
les ombres le mangent
je n'ai plus d'encre
pour finir mon papier

sous le toit effondré
sous les cils noirs
quelques lumières

phosphènes

                                               Jacques Poullaouec


mercredi 21 août 2013

SE FONDRE

Mots volés à la nuit
par le nyctalope que je suis :

Il y a du blanc qui m'attend
il y a une feuille qui me tend
son espace.

éblouies oubliées
de l'autre côté de la feuille
les années-lumières
Dans les buissons de mes mains
une plume dort.

Un mot la réveille.


Laisser flotter quelques paroles dans le silence
laisser courir quelques mots sur la page blanche
La pieuvre aussi se cache derrière son encre.





Papillon bleu                                                                                          
sur ciel bleu                                                                                                  
il a l'air de Rien                                                                                            

La nuit avale
peu à peu les lignes
écrire dans l'ombre

 Ce reflet dans mon verre                                                                            
Je boirai le nuage                                                                                        
et le vent avec                                                                                              

Il fait noir en moi                                                                                        
le noir d'une chambre noire                                                                      
révéler la lumière                                                                                        

La lumière s'allonge                                                                                    
je me lève                                                                                                      
marre de l'ombre! 

Peut-on suivre
le soleil à la trace
sans sa part d'ombre ? 

La lumière a toujours
une deuxième chance  
celle de la nuit  

La feuille tombe
la lumière passe
le souvenir germe                                                                                 

Jacques Poullaouec

   


 Pour combler les vides et ...les lecteurs de ce blog que j'ai quelque peu délaissés ces temps-ci voici les derniers mots de "L'innommable" de Samuel Beckett.

       "...il faut continuer, je vais donc continuer, il faut dire des mots, tant qu'il y en a, il faut les dire , jusqu'à ce qu'ils me trouvent, jusqu'à ce qu'ils me disent, étrange peine, étrange faute, il faut continuer, c'est peut-être déjà fait, ils m'ont peut-être déjà dit, ils m'ont peut-être porté jusqu'au seuil de mon histoire, devant la porte qui s'ouvre sur mon histoire, ça m'étonnerait, si elle s'ouvre, ça va être moi, ça va être le silence on ne sait pas , il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer."