Les rêves naissent où ils le veulent. Chacune de nos têtes en abrite quotidiennement. Mais nulle part ailleurs qu'à OUESSANT , ils ne trouvent meilleur repaire . Portés par les grands vents de Noroit, ils naviguent sur les nuages et s'accrochent aux rochers de Pern ou aux phares du Créach , de la Jument et du Stiff.
Mes rêves y sont encore, mais j'en ai recueilli quelques uns dans les pages de ce livre "REVER OUESSANT".aux éditions "GEORAMA". Les photographies sont de Hervé Inisan qui réussit à arrêter les nuages . Mes textes sont des vers qui se veulent libres ou des proses poétiques. Ce n'est donc pas un ouvrage d'historien, de géographe, de sociologue ou de naturaliste. Il s'agit d'avantage d'une déambulation initiatique dans une île dont on revient transformé. Si vous voulez , nous pouvons partager avec vous ces lignes d'erre.
Au lieu d'écrire avec le doigt sur la buée d'une vitre, j'ai choisi de laisser sur ce blog quelques TRACES, des mots, des images, des racines traçantes qui sortiront sur d'autres terres, les vôtres peut-être. Il y a des TRACES sans hommes il n'y a pas d'homme sans TRACES, même si nous sommes Définitivement provisoires et provisoirement définitifs.CARTE/ECART/TRACE. N.B.Les textes et photos dont je suis l'auteur ne sont pas libres de droits
Pages Poésie. Littérature . Gravure . Peinture. Photographie. Divers. Bio
mercredi 18 avril 2012
mercredi 15 février 2012
La parole des murs
"Démosthène, je t'aime "...voilà ce que dit un mur à Santorin, l'île-volcan...Une femme déclare son amour...4 baisers rouges sur un mur blanc...l'orateur grec doit sentir un retour de flamme!
Perceval , lui aussi, musait, dormait debout, fasciné lui aussi devant 3 gouttes de sang d'une oie sur la neige, 3 taches rouges sur fond blanc, qui lui rappelaient sa belle Blanchefleur et son teint incarnat .
Parole plus officielle et marmoréenne à AKROTERI ...
Elle regarde le chaland qui passe
Elle est fière et digne
Sur le mur s'écrit la misère
La Grèce a perdu ses A
l' Espagne a retrouvé ses A...narchistes
à Barcelone, les murs ont la parole.
à Barcelone, les murs ont la parole.
Picasso murmure son nom
Il y a mille manières de tuer la beauté
"Le prix à payer pour vivre
Plus on est pauvre
Plus c'est cher." ...
...dit le mur.
Circulez, braves gens , il n'y a rien à voir.
La Joconde garde le sourire
elle n'est jamais déplacée...
WHY NOT ?
Il faut laisser les mots
trouver leur place
sur les cahiers
dans les journaux
dans les livres
il faut laisser les mots
prendre leur place
dans vos bouches
dans vos oreilles
Certains s'envolent
d'autres planent
sans trouver d'oreille
pour les cueillir
Il y en a
qui s'agrippent aux murs
Ouvrez grand vos yeux
Quelqu'un les a dits
quelqu'un les a écrits
Qui ?
Peu importe
Pourvu qu'il reste quelques uns pour les lire
Le Verbe se fera chair .
mardi 7 février 2012
Tu es un oiseau
gravure de J.Poullaouec.
Rabbi Nahman, illustre kabbaliste de Bratslav, en Europe centrale , disait à un disciple :
"Tu es un oiseau...
--Mais je n'ai pas d'ailes !
--Tes ailes, ce sont tes mots.
Parle, envole-toi! Traverse l'espace et le temps!Brise les chaînes d'une histoire qui ne t'appartient pas, qui n'a pas le droit de t'alourdir et de te retenir. Fais éclater l'horizon! Retrouve l'instant précieux du déchirement créateur, où, soudain, dans un paysage inconnu, les choses revêtent un autre aspect. Souviens-toi que les hommes, même s'ils doivent mourir, ne sont pas nés pour mourir mais pour changer, innover, s'ouvrir à la naissance et à la renaissance."
Et le rabbi ajoutait: "Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît...Tu ne pourrais pas t'égarer..."
"Si tu cherches ton chemin,
demande à la poussière,
elle a suivi le trajet du soleil."
Celui qui n'a jamais pris le risque de se perdre ne connaîtra jamais le plaisir de se trouver.
J.Poullaouec
samedi 4 février 2012
Lever la tête, poser ses yeux
Dans les villes, pose ton regard sur la lèpre des murs
le musée est en plein air
lève la tête
il y a
des rêves
suspendus dans l'entre-deux
le linge sèche en attendant les corps
les bras en tombent
il faudrait des épingles à mots
pour accrocher le réel
le corps du vent
gonfle les ombres
et enfle les narines d'une douce odeur de lessive et d'enfance
D
jeudi 2 février 2012
Obscure clarté
Les ombres sont légères
quand le soleil est doux
il suffira de monter l'escalier
ton pas saura où se poser
on entre parfois dans le miroir
quand on ne sait plus où aller
il y reste souvent des images
qu'on se plaît à regarder
et des souvenirs qu'on n'a pas su partager
tu l'as retourné vers le ciel
là où volent tes images
enveloppées de papiers-nuages
il y a des navires immenses
qui s'exilent dans la nuit
le bleu n'a jamais été si noir
il va falloir rompre les amarres
tu rentres bien tard, la lune grimace
ton souffle court dans l'escalier
sur chaque marche dorment tes morts
dans tes rêves les portes claquent
sur les seuils quelques visages ravivés
tu cherches la pièce où allonger tes souvenirs
une planche grince, un rideau sourit
nuit d'hiver, sur la vitre feuillage de givre
Boustrophédon
Lettres enfermées dans un cadre, l'être enfermé dans des lettres ...comment (s')en sortir ?
On peut n'être que ces mots
on peut naître de ses mots
le verbe se fait parfois chair
je suis là enfermé
dans ce carré magique.
SENS DESSUS DESSOUS
SANS DESSUS DESSOUS
SANG DESSUS DESSOUS
SANS DEUX SOUS
CENT DECUS DEUX SOUS
CENT ECUS DEUX SOUS
DESSUS SANS DESSOUS
DESSUS DESSOUS SENS ?
SNES SUSSED SUOSSED
SOTTO SOPRA
LE BON SENS N'EST PAS LE BON SENS
la ligne droite n'est pas toujours le chemin le plus court.
Il y a une ligne dans la nuit, dans quel sens la traverser ?
SATOR
AREPO
TENET
OPERA
ROTAS
Boustrophédon*
Lire comme le laboureur lit son champ
labourer comme le lecteur lie son chant
labeur poétique
travail du vers
changer de sens
ligne après ligne
Le laboureur de l' Antiquité grecque
était un poète et un peintre
de droite à gauche
de gauche à droite
le bœuf écrivait
sa strophe
sibylline
*Boustrophédon :(bous= bœuf et strophein= tourner) écriture grecque primitive, dont les lignes allaient sans interruption de gauche à droite et de droite à gauche.
jeudi 26 janvier 2012
TERRE OUVERTE
La terre s'ouvre
et regarde le ciel
tu t'éloignes
les nuages
visages collés
aux épis
la fumée bleue
leur parle
sur la chaleur de l'asphalte
des étincelles de pluie
le ciel gronde
Ouvrir la terre
avec le couteau de ses yeux
les cils battent
au même rythme
que les joncs
et le flux du sang
dans les tempes
vertige de l'arbre
les racines courent
aussi sous la peau
le vent a mis ses mains
sur ma tête
J'ai étendu ma phrase
sur du vide
et du plat de la main
l'ai fait glisser
au bord de mon rêve
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